Christine Soro : «500 cas de cancers féminins chaque année à Libreville, avec 400 décès»

La 2e édition de la journée «Femme Belle à l’Intérieur et à l’Extérieur» se tiendra le samedi 19 Décembre 2015 au Spa Yacine à Libreville. Entretien avec Christine Soro, présidente fondatrice, qui revient sur l’origine de son ONG, sa mission et son espoir pour toutes ces femmes qui n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Gabonreview : Pourquoi «Femme Belle à l’Intérieur et à l’Extérieur» et comment présentez-vous cette ONG ?

Christine Soro : L’ONG Femme Belle à l’Intérieur et à l’Extérieur veut apporter aux femmes ce qui est le plus précieux pour elles : de l’amour et de l’attention. Cette ONG voudrait s’investir à aider les femmes à s’aimer, à prendre goût à la vie et surtout à se mettre en valeur. Elle a pour cible principale les femmes démunies, les femmes maltraitées, les veuves, les femmes malades, les femmes en prison, les femmes handicapées ainsi que les jeunes filles mères ; et elle veut s’étendre à toute femme dans le besoin moral ou spirituel.

D’où vous vient cette initiative ?

Cette initiative est un vœu d’enfance, en plus du fait que j’aime bien tous ce qui est beau. En effet, je suis très sensible aux personnes faibles dans la société. Et quand je dis faible, je pense non seulement à ceux qui sont démunies matériellement, physiquement, mais aussi à ceux qui le sont dans le cœur, car là encore plusieurs femmes ont peut-être le nécessaire par rapport à d’autres, mais souffrent dans leur cœur et leur esprit. C’est pourquoi nous insistons sur la beauté intérieure et extérieure que doit absolument avoir une femme.

Par ailleurs, l’idée de Femme Belle AI&AE voit le jour quand je reçois, en vacances, ma belle-sœur qui revenait d’Abidjan. Elle était brisée intérieurement et n’avait plus goût à la vie, pourtant elle travaillait, mais ne savait plus se faire plaisir. Alors, par de nombreux conseils et soutiens moral, je l’avais aidé à se relever. Elle avait reprit le sourire véritable et je l’avais aussi amené à prendre soin d’elle physiquement. En quelques semaines seulement, elle était métamorphosée, méconnaissable, et je me suis dit qu’il fallait que j’étende cette action aux autres femmes dans la nation. En outre, j’ai vécu la faim, la souffrance, le rejet, la solitude, l’abandon, les trahisons et aussi l’amour, la confiance, la gloire, la joie ; une nouvelle vie avec beaucoup d’espérance en quelque sorte. Et c’est cette mixture d’expérience que je veux partager aux femmes pour leur dire qu’il y’a de l’espoir. Et d’ailleurs un proverbe bien connu dit ceci «toute chose concourt au bien de celui qui aime Dieu»

Quels moyens vous donner-vous pour réaliser ce projet ?

Les moyens ? J’en ai principalement trois piliers : Dieu, la foi et mon merveilleux époux !

En effet, à la première édition, comme toujours accompagnée et cochée par mon premier tuteur, monsieur Soro… suivez mon regard, nous l’avons réalisé avec nos propres moyens, grâce aussi à la collaboration et contribution d’un couple que je remercie encore Monsieur et Madame Hollandais.

Nous sommes à notre deuxième édition et justement l’espoir fait vivre. Car pour palier nos nombreuses charges, nous avons fait sortir une toute première collection de Tee-shirt et Body qui a eu un succès avec des paroles valorisantes comme «Je suis une femme Bénie, Je suis une Femme Sublime, et Je suis une femme Battante». Cette collection a tellement plu aux femmes au point que le stock s’est épuisé. Nous avons du lancer une deuxième commande avec des paroles personnalisées, selon chacune. Les recettes permettent justement de subvenir à nos besoins. Nous avons eu quelques partenaires aussi qui ont cru et accepté de nous accompagner. Toutefois, les besoins restent énormes…

Vous dites énormes ?

Oui, je dis énorme. Au début, nous avions des idées d’actions précises à mener pour les femmes lors de la journée, chaque année, et aussi des projets à long terme. Cependant, au fur et à mesure que les femmes nous contactaient, nous avions été obligés de décristalliser la vision et l’adapter aux besoins pratique de ces dernières. Par exemple lors d’une sortie de sensibilisation dans un centre commercial de la place, j’avais eu l’honneur de rencontrer une maman pygmée, «Maman Estelle», à qui il manquait des dents sur la partie incisives, canines et molaires de la bouche… J’ai dû alors me rapprocher justement d’une femme que je remercie encore : le Dr Lekounda Mpouh, spécialisée dans la chirurgie dentaire-esthétique, afin de prendre en charge cette dame en lui offrant une prothèse dentaire. Elle a directement dit «oui» et en plus, elle a offert 5 bons de consultation et soins gratuits dans son cabinet pour les femmes dans le besoin lors de la journée Femme Belle. Nous remercions au passage ceux-là qui ont cru en nous et nous accompagnent dans cette merveilleuse aventure !

A quoi s’attendre dans l’avenir concernant Femme Belle AI&AE ?

Dans l’avenir, nous prévoyons un centre d’apprentissage, de formation et de conseils pour les femmes. Je rêve d’une plateforme où les femmes pourront retrouver le sourire sincère et se reconstruire intérieurement et physiquement. Nous espérons simplement que les partenaires nous accompagneront dans ce défi et que Dieu nous ouvrira les portes comme il a commencé à le faire.

S’il fallait citer un mentor dans le domaine d’action social qui désigneriez-vous comme votre référence ?

D’abord Dieu. Par ailleurs, je citerai aussi Coluche qui a initié les Restos du cœur en 1985 en France.

Et la sensibilisation du cancer du col de l’Utérus, une goutte d’eau dans un verre plein ? Nous voyons d’autres organes œuvrer déjà sur cette question…

Quand il s’agit de la vie et de la mort, nous ne pouvons pas parler de verre déjà plein. Cette année, j’ai eu à cœur de sensibiliser, avec le concours d’un spécialiste sur le cancer du col de l’utérus, car ma maman est décédée d’un cancer du nombril en 2003. J’en ai vraiment souffert.

Selon les chiffres de l’Institut de cancérologie de Libreville, chaque année, 500 cas de cancers féminins sont enregistrés contre 400 décès. Parmi les cancers les plus fréquents chez la femme au Gabon, le cancer du col de l’utérus arrive en tête avec 25% des cas, suivi de celui du sein (9,3%), de l’otorhinolaryngologie et celui de lymphomes malins (7%). Si nous ne pouvons pas éviter de mourir par accident ou par évènement inattendu, nous avons la possibilité d’éviter ce tueur silencieux et cela, c’est en insistant et en rappelant aux femmes que justement toutes forme de négligence de signe clinique lié à ces maux ou de dépistage peuvent lui être fatale. J’ai fais mon dépistage il y a déjà 1 an et demi. Aux prochaines éditions, nous prévoyons sensibiliser sur d’autres pathologies très importantes.

La Journée Femme Belle AI&AE est-elle à entrée payante ? Qui y est attendu ce 19 décembre ?

J’invite toutes les femmes de toutes les catégories à cette journée où il sera offert, je précise gratuitement, des relookings complets, des sacs de riz, des soins, des vêtements, des coachings, des conseils multiples sur les valeurs et la beauté de la femme. Mais surtout, beaucoup beaucoup d’amour. Les activités débuteront dès 9h00.

Une collecte de vêtement est en cours afin de les offrir aux femmes présentes ce jour : Robes, boubous, foulards, chaussures, babouches, bijoux, ceintures, pagnes, jupes, accessoires, etc. Pour tous ceux qui souhaitent nous accompagner en dons matériels ou financiers, ou sur la collecte, ils peuvent nous contacter via Facebook en tapant : Femme Belle ou appelez pour contribuer à donner du sourire à une femme le 19 Décembre 2015.